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11 mars 2008
10 mars 2008
6 mars 2008
Le porche
Texte de Claude Vlerick
illustration : Maxime Berger
photographie: Studio Berger
-----------------------------------------------
J’ai longtemps habité de l’autre côté de la rue…
Nous jouions dans ce quartier des bas-fonds qui jouxtait le domaine de la seigneurie locale plus étendu que la petite ville…
Systématiquement, quand j’étais seul, je revenais face à ce porche - d’un âge pour moi imprécis - emmuré par cette sombre masse de briques. Et je me soulageais. Oui - j’insiste - je me sentais vraiment soulagé…, et pas uniquement à cause de la diminution de la pression pelvienne…
Simples agissements instinctifs déjà marqués par la jouissance de la transgression ? Mais non.
Plus tard, j’appris des chiens - errants comme moi - que ce comportement banal était chargé de sens. Il s’agissait de marquer son territoire me firent-ils comprendre en repassant- eux aussi - systématiquement sur les mêmes endroits.
Rien que cela me plaisait beaucoup, mais je ressentais déjà que ma démarche recelait un peu plus… J’avais l’impression de participer - par ce faire - à la lente désagrégation de la muraille : que mes agissements persévérants l’amèneraient à révéler un jour tout ce qu’elle cachait si bien - y compris par rapport à la suite de ma vie – en s’écroulant.
Et, de fait, c’est cette limitation spatiale de mon expansion qui me fit aller au delà des réflexes canins et déclencha en moi, sans doute, un premier rêve d’homme. Résistance du réel, fuite créative dans l’onirisme ?
J’étais donc - une nouvelle fois - debout face à ce porche, livré au comportement dont j’avais coutume depuis ce qui me paraissait déjà une éternité. Mais la masse opaque de briques avait fait place à une paroi de verre forcément transparente et de même dimension.
De l’autre côté, un homme entre deux âges, vêtu de manière aléatoire, simplement révélé par un faisceau de lumière artificielle me regardait avec un sourire condescendant. Il ne paraissait pas particulièrement hostile; plutôt extrêmement sûr de lui. J’avais l’impression que la métamorphose de la limite qui nous séparait n’avait rien changé pour lui : depuis longtemps, il m’observait.
Et il parla sans détour, comme s’il me connaissait déjà ou - plutôt – comme s’il savait déjà ce qui m’attendait : « Mon petit gars, tu vas comprendre tout de suite. Comme toi, j’ai deux bras, deux jambes et surtout une tête… La seule différence entre nous, mais elle est fondamentale : Moi, je pisse de ce côté-ci. ».
Le message était terminé. La lumière s’éteignit tout de suite.
Je perçus à nouveau le mépris, mais - cette fois - induit par la laideur même de l’opacité de la paroi. « Repoussante » : je saisis maintenant pourquoi ce mot me vient de manière lancinante… : je m’éprouvais repoussé. Les murs autour du parc (un triangle de trois kilomètres de côté, propriété privée en plein milieu du XXème siècle !), ces briques obstruant l’ancienne porte…
Oh ! Ce n’était plus le servage.
Le pouvoir semblait plutôt réduit au symbole, d’autant plus efficace sans doute.
C’était, comme si la proximité de ce château projetait un climat permanent de soumission dans les mentalités des habitants. Peu songeaient à s’affranchir. C’est, du moins, ce que je ressentais. Mais c’est surtout dans le caractère étriqué de leur vie quotidienne que j’éprouvais leur sujétion. Moi-même je n’étais pas à l’abri de cette ambiance : mon acharnement vis-à-vis du mur révélait, en fait, des tas de choses à abattre au niveau de mon propre édifice psychique.
Et je partis…
Etait-ce déserter que de penser, à l’orée de ma vie, que mon destin était ailleurs ?


Un jour, pour des raisons qui me sont personnelles, déjà pré-vieillard, contre toute attente, je revins…
Je fus agréablement surpris. On avait profité de mon absence pour changer pas mal de choses, et notamment le porche : ils l’avaient finalement défoncé. A coups de marteau-pic ? Je me doutais bien que le nouvel état des lieux ne résultait pas d’une démarche insurrectionnelle collective de la population, mais d’un simple aménagement de nature financière.…
Mais la restauration avait fière allure, je le reconnais… Et je n’allais pas… cracher dessus. Enfin, je veux dire…
Et je retournai plusieurs fois me planter devant le porche. Pas tous les jours puisque je n’habitais plus en face, mais…
Bien que satisfait de la réalisation, je recommençai pourtant à éprouver une certaine gêne. Ainsi, cet écran de conifères, quand même fort proche, qui me limitait la vue – oh ! pas comme les briques antérieures mais… - alors que j’aurais espéré, pour pouvoir respirer vraiment, une trouée vivifiante plongeant vers les espaces arrières. Et surtout, cette grille en fer forgé, surmontée de piques, qui m’avertissait, comme par le passé que, malgré la restauration des lieux, je n’étais toujours pas le bienvenu…
Un jour de liesse populaire où l’entrée était béante, il me vint l’idée de me réconcilier solennellement avec les lieux en en prenant possession à la manière que m’avaient indiqué les chiens de mon enfance…
Je ne sais quelle voix intérieure m’arrêta au bord de l’acte, m’avertissant que – maintenant - on ne me laisserait plus « faire »… Perception lucide de la mutation du pouvoir ?
Vaincu, je m’avançai donc en ces lieux dont l’accès m’avait été depuis si longtemps refusé.
Dans les écuries - réaménagées elles aussi - où exposent des artistes locaux, je tombe nez à nez… avec le porche - ou plutôt sa représentation graphique - qui le restitue ou plutôt le magnifie.
Voilà le porche qui reprend la fonction de tout porche qui se respecte : il accueille. Le moignon de grille, qu’on devine encore, rigole…
Derrière son œuvre, Maxime Berger me regarde avec sa mine inquiète de plomb, ses aquarelles et ses pastels.
J’ai l’impression qu’il m’attend et m’observe depuis un temps infini. Peut-être même depuis que j’avais fui ces lieux. Peut-être soupçonne-t-il mon retour. Il baigne dans une lumière douce en harmonie avec les couleurs qu’il a créées et qu’on ne craint pas de voir s’éteindre. Il doit se douter que son porche m’est destiné et consent tacitement à ma demande.
Transparaît seulement dans son regard l’appréhension de ne pas savoir ce que je vais en faire dans l’intimité de ma demeure où aucun pouvoir ne pourra contrarier mes pulsions.
Mon seul but est de me réconcilier avec l’enfance, la ville et d’y délimiter enfin un territoire à ma mesure. Pour cela, je suis à la fois réticent mais prêt à tout.

----------------------------------------------
Ce texte et bien d'autres, d'inspiration typiquement Vlérickienne, sont disponibles à la lecture sur les blogs :
www.tesvivant.blogspot.com
http://etlonseditquilestbientard.blogspot.com
http://jusquacetempleenruinesmais.blogspot.com/
illustration : Maxime Berger
photographie: Studio Berger
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J’ai longtemps habité de l’autre côté de la rue…
Nous jouions dans ce quartier des bas-fonds qui jouxtait le domaine de la seigneurie locale plus étendu que la petite ville…
Systématiquement, quand j’étais seul, je revenais face à ce porche - d’un âge pour moi imprécis - emmuré par cette sombre masse de briques. Et je me soulageais. Oui - j’insiste - je me sentais vraiment soulagé…, et pas uniquement à cause de la diminution de la pression pelvienne…
Simples agissements instinctifs déjà marqués par la jouissance de la transgression ? Mais non.
Plus tard, j’appris des chiens - errants comme moi - que ce comportement banal était chargé de sens. Il s’agissait de marquer son territoire me firent-ils comprendre en repassant- eux aussi - systématiquement sur les mêmes endroits.
Rien que cela me plaisait beaucoup, mais je ressentais déjà que ma démarche recelait un peu plus… J’avais l’impression de participer - par ce faire - à la lente désagrégation de la muraille : que mes agissements persévérants l’amèneraient à révéler un jour tout ce qu’elle cachait si bien - y compris par rapport à la suite de ma vie – en s’écroulant.
Et, de fait, c’est cette limitation spatiale de mon expansion qui me fit aller au delà des réflexes canins et déclencha en moi, sans doute, un premier rêve d’homme. Résistance du réel, fuite créative dans l’onirisme ?
J’étais donc - une nouvelle fois - debout face à ce porche, livré au comportement dont j’avais coutume depuis ce qui me paraissait déjà une éternité. Mais la masse opaque de briques avait fait place à une paroi de verre forcément transparente et de même dimension.
De l’autre côté, un homme entre deux âges, vêtu de manière aléatoire, simplement révélé par un faisceau de lumière artificielle me regardait avec un sourire condescendant. Il ne paraissait pas particulièrement hostile; plutôt extrêmement sûr de lui. J’avais l’impression que la métamorphose de la limite qui nous séparait n’avait rien changé pour lui : depuis longtemps, il m’observait.
Et il parla sans détour, comme s’il me connaissait déjà ou - plutôt – comme s’il savait déjà ce qui m’attendait : « Mon petit gars, tu vas comprendre tout de suite. Comme toi, j’ai deux bras, deux jambes et surtout une tête… La seule différence entre nous, mais elle est fondamentale : Moi, je pisse de ce côté-ci. ».
Le message était terminé. La lumière s’éteignit tout de suite.
Je perçus à nouveau le mépris, mais - cette fois - induit par la laideur même de l’opacité de la paroi. « Repoussante » : je saisis maintenant pourquoi ce mot me vient de manière lancinante… : je m’éprouvais repoussé. Les murs autour du parc (un triangle de trois kilomètres de côté, propriété privée en plein milieu du XXème siècle !), ces briques obstruant l’ancienne porte…
Oh ! Ce n’était plus le servage.
Le pouvoir semblait plutôt réduit au symbole, d’autant plus efficace sans doute.
C’était, comme si la proximité de ce château projetait un climat permanent de soumission dans les mentalités des habitants. Peu songeaient à s’affranchir. C’est, du moins, ce que je ressentais. Mais c’est surtout dans le caractère étriqué de leur vie quotidienne que j’éprouvais leur sujétion. Moi-même je n’étais pas à l’abri de cette ambiance : mon acharnement vis-à-vis du mur révélait, en fait, des tas de choses à abattre au niveau de mon propre édifice psychique.
Et je partis…
Etait-ce déserter que de penser, à l’orée de ma vie, que mon destin était ailleurs ?


Un jour, pour des raisons qui me sont personnelles, déjà pré-vieillard, contre toute attente, je revins…
Je fus agréablement surpris. On avait profité de mon absence pour changer pas mal de choses, et notamment le porche : ils l’avaient finalement défoncé. A coups de marteau-pic ? Je me doutais bien que le nouvel état des lieux ne résultait pas d’une démarche insurrectionnelle collective de la population, mais d’un simple aménagement de nature financière.…
Mais la restauration avait fière allure, je le reconnais… Et je n’allais pas… cracher dessus. Enfin, je veux dire…
Et je retournai plusieurs fois me planter devant le porche. Pas tous les jours puisque je n’habitais plus en face, mais…
Bien que satisfait de la réalisation, je recommençai pourtant à éprouver une certaine gêne. Ainsi, cet écran de conifères, quand même fort proche, qui me limitait la vue – oh ! pas comme les briques antérieures mais… - alors que j’aurais espéré, pour pouvoir respirer vraiment, une trouée vivifiante plongeant vers les espaces arrières. Et surtout, cette grille en fer forgé, surmontée de piques, qui m’avertissait, comme par le passé que, malgré la restauration des lieux, je n’étais toujours pas le bienvenu…
Un jour de liesse populaire où l’entrée était béante, il me vint l’idée de me réconcilier solennellement avec les lieux en en prenant possession à la manière que m’avaient indiqué les chiens de mon enfance…
Je ne sais quelle voix intérieure m’arrêta au bord de l’acte, m’avertissant que – maintenant - on ne me laisserait plus « faire »… Perception lucide de la mutation du pouvoir ?
Vaincu, je m’avançai donc en ces lieux dont l’accès m’avait été depuis si longtemps refusé.
Dans les écuries - réaménagées elles aussi - où exposent des artistes locaux, je tombe nez à nez… avec le porche - ou plutôt sa représentation graphique - qui le restitue ou plutôt le magnifie.
Voilà le porche qui reprend la fonction de tout porche qui se respecte : il accueille. Le moignon de grille, qu’on devine encore, rigole…
Derrière son œuvre, Maxime Berger me regarde avec sa mine inquiète de plomb, ses aquarelles et ses pastels.
J’ai l’impression qu’il m’attend et m’observe depuis un temps infini. Peut-être même depuis que j’avais fui ces lieux. Peut-être soupçonne-t-il mon retour. Il baigne dans une lumière douce en harmonie avec les couleurs qu’il a créées et qu’on ne craint pas de voir s’éteindre. Il doit se douter que son porche m’est destiné et consent tacitement à ma demande.
Transparaît seulement dans son regard l’appréhension de ne pas savoir ce que je vais en faire dans l’intimité de ma demeure où aucun pouvoir ne pourra contrarier mes pulsions.
Mon seul but est de me réconcilier avec l’enfance, la ville et d’y délimiter enfin un territoire à ma mesure. Pour cela, je suis à la fois réticent mais prêt à tout.

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Ce texte et bien d'autres, d'inspiration typiquement Vlérickienne, sont disponibles à la lecture sur les blogs :
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L'art, ça botte !
Ce qui est caché...
25 févr. 2008
Apprenons l'art en jouant
7 erreurs se sont glissées dans ce célèbre tableau post-constructiviste du maître russe Kristoff Kusmikoff intitulé sobrement "un après-midi d'été". Saurez-vous les démasquer ?...
le Kusmikoff original (1929, Guggenberg museum, NewYork) :

et le Kusmikoff traitrement falsifié:

A gagner : 2 places gratuites pour la journée tractor-pulling du 27 juin à Givry-Les-Hautes-Seine. Réponses à envoyer par sms au 0682/45U23Z14 (34 fb/sms)
le Kusmikoff original (1929, Guggenberg museum, NewYork) :

et le Kusmikoff traitrement falsifié:

A gagner : 2 places gratuites pour la journée tractor-pulling du 27 juin à Givry-Les-Hautes-Seine. Réponses à envoyer par sms au 0682/45U23Z14 (34 fb/sms)
19 févr. 2008
A corps perdus

A corps perdus
Dans un corps à corps
Et âmes
A cor et à cri.
Accord perdu…
Perdu corps et biens…
Claude Vlerick.
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Claude m'a fait le plaisir d'écrire ce petit texte sur une de mes images.
Ce texte et bien d'autres, d'inspiration typiquement Vlérickienne, sont disponibles à la lecture sur les blogs :
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6 févr. 2008
Quel blagueur ce Gros Lapin !

malgré les apparences, Gros Lapin n'a pas fait que travailler durant le salon de Morbecque (-:3

profitant d'une pause-café de Maxime il a, tel Arsène Lapin, subreptissement quitté le stand pour une petite balade sur le site boisé de la Base du Parc

il s'est même fait un copain !
... un sanglier spécialisé dans la vente de postiches, qui a bien sûr tenté de lui vendre des cheveux!


cheveux courts, longs, tout allait à Gros Lapin, qui se retrouvait bien embarassé de ne savoir que choisir... C'est Jacques Messiant, l'organisateur du salon, qui résolva cette douloureuse équation. Il fît remarquer à Gros Lapin combien son charme naturel plaisait aux femmes, posant ainsi cette fameuse question du "pourquoi devrais-tu porter une moumoutte, mon gros ?"
- être artiste indépendant complémentaire du chômage
J'ai reçu ce texte par internet;
comme je trouve qu'il explique bien ce statut, dans les grandes lignes, je le replace ici (texte de janvier 2006) :
comme je trouve qu'il explique bien ce statut, dans les grandes lignes, je le replace ici (texte de janvier 2006) :
Etre artiste indépendant complémentaire du chômage.
1. intro
Depuis le 1er Janvier 2001, en Belgique, un arrêté Royal permet à des personnes sans emploi d'exercer une activité artistique et de commercialiser des créations à titre d'artiste indépendant complémentaire du chômage.
C'est-à-dire que tout en restant chômeur indemnisé à titre principal, la personne peut toucher des revenus d'une activité artistique sans que son allocation journalière ne soit influencée.
Toutefois, certaines conditions sont requises comme par exemple:
- une déclaration de l'activité auprès de l'organisme de paiement, si la personne touche des revenus de son activité artistique,
- ne pas dépasser un montant net imposable en revenus d'approximativement 3200€ (de bénéfice). Si le montant est supérieur à cette somme, l'allocation de chômage est alors adaptée en fonction.
Si vous désirez plus d'information sur ce statut, le dépliant "artiste" qui détaille le sujet est disponible à l'Onem.
2. quelques infos supplémentaires sur l'arrêté de loi permettant d'être artiste indépendant complémentaire du chômage.
C'est un arrêté qui date du 23 novembre 2000 (avec entrée en vigueur le 01.01.2001) et qui fût rédigé par Madame Onckelinx (à l'époque ministre de l'emploi) et son cabinet.
Cet arrêté vient apporter une modification à l'arrêté royal du 25 novembre 1991 qui est l'arrêté qui regroupe tous les textes qui définissent la réglementation du chômage.
L'arrêté du 23 nov 2000 porte sur la réglementation du chômage en faveur des artistes et vient apporter une dérogation à l'article 48 du texte premier de la réglementation du chômage.
L'article 48 traite des conditions nécessaires pour exercer une activité complémentaire/accessoire tout en étant chômeur indemnisé.
Mais ces conditions étaient mal adaptées aux activités artistiques.
L'arrêté du 23 nov 2000 vient donc apporter un aménagement spécial destiné à permettre aux personnes ayant une activité artistique de l'exercer en tant qu'activité accessoire/complémentaire au chômage, et remplace donc pour toutes les activités artistiques (et uniquement) l'article 48 par l'article 74bis.
Attention: peu d'artistes ont prit le statut d'artiste indépendant complémentaire du chômage. Rares sont donc les administateurs au courant de l'aménagement qui a été créé pour les activités artistiques.
Ainsi, il est possible que des personnes de divers organismes (syndicat, inami, caisse d'assurance sociale, etc) vous disent que ce statut n'est pas possible car elles vont se référer aux règles énoncées par l'article 48.
Mais pour les activités artistiques, depuis le 1er janvier 2001, c'est à l'article 74bis de la réglementation du chômage qu'il faut se référer quand on veut exercer son activité en activité complémentaire.
Se procurer les textes:
- Le contenu de l'article 74bis correspond au contenu du petit dépliant "artistes" mis à disposition de tout un chacun par l'Onem.
Toutefois, l'article de loi dans sa version originale est également disponible sur le site internet: http://www.just.fgov.be/
Pour accéder facilement à l'arrêté royal du 23 nov 2000 contenant l'article 74 bis:
A la page index du site, choisissez "moniteur belge".
Ensuite, à la page d'accueil du moniteur, faîtes une recherche avancée.
Dans la recherche avancée, tapez dans la section "titre" les mots : 23 novembre 2000 artistes.
Cliquez ensuite sur le bouton "liste", il y a deux arrêtés. C'est le premier qui nous intéresse et qui contient les informations relatives à l'article 74 bis, donc à l'aménagemant prévu pour les artistes dans le cadre de la réglementation du chômage (et donc du travail).
3. Les démarches pour devenir artiste indépendant complémentaire du chômage. (dans les grandes lignes).
Vous êtes sans emploi, vous avez une activité artistique et vous voudriez commercialiser vos créations.
3a) Vous devrez tout d'abord remplir le formulaire C1Artistes pour déclarer votre activité. Ce formulaire est disponible chez votre organisme de paiement (capac ou syndicat).
Sur ce formulaire, il vous sera demandé à la rubrique 1:
- quelle est votre activité artistique?
Si vous êtes un artiste créateur (écrivain, peintre, dessinateur, scuplteur, compositeur, etc) ou un artiste interprète/exécutant (chanteur, danseur, comédien, musicien, artiste de cirque, etc)?
Remarque: un des intérêts principaux du statut d'artiste indépendant complémentaire du chômage est de pouvoir faire des factures. C'est pourquoi ce statut est plus intéressant pour les artistes créateurs que pour les artistes interprètes qui eux ont également la possibilité de se faire rémunérer par cachet (par le biais d'un employeur).
- depuis quand exercez-vous cette activité?
Généralement, quand on déclare son activité artistique, c'est pour débuter son exploitation commerciale.
ps: si vous décidez de vous affiliez à une caisse d'assurance sociale pour indépendant (voir plus bas), il faut savoir que l'année est divisée en 4 trimestres (débutants les 1ers janvier, avril, juillet, octobre) et qu'une cotisation est demandée pour chaque trimestre.
- si vous exercez cette activité pendant le chômage, comme profession accessoire? Ou comme profession principale?
Ce statut permet d'être indépendant complémentaire du chômage, vous exercerez donc cette activité comme profession accessoire.
D'après la législation chômage, si vous exercez votre activité à titre principal, vous n'avez plus droit à des allocations de chômage car vous n'êtes plus disponible pour un autre travail.
- Sous quel statut exercerez-vous cette activité?
Comme indépendant qui n'est pas affilié à une caisse d'assurances sociales pour indépendant?
Comme indépendant affilié à une caisse d'assurance sociale pour indépendant?
L'affiliation à une caisse d'assurance sociale permet de récupérer la tva sur les achats relatifs à votre activité mais entraîne également de rentrer tous les 3 mois une déclaration tva.
Toutefois, pour les petites activités, un régime de franchise de la taxe tva est possible si le chiffre d'affaire de votre activité ne dépasse pas une certaine somme.
Pour plus de renseignement à ce sujet, le mieux est de contacter le service public fédéral des finances de votre région, et de lui demander le dépliant -issus d'un ensemble de dépliant- qui porte le nom suivant: "9. Pour mieux comprendre le régime de la franchise de la taxe pour les petites entreprises".
Si vous choisissez le régime franchise de la taxe, vous ne serez donc pas affilié à une caisse d'assurance sociale pour indépendant.
Toutefois, si votre activité prend de l'ampleur, vous ne bénéficierez plus à un moment de ce régime particulier. Peut-être est-il dès lors intéressant de prendre les bons réflexes dès le départ? D'autant plus que vous êtes de toute façon contraint à dresser un minimum de comptabilité pour votre déclaration d'impots, et pour l'Onem (voir plus bas).
- combien d'heures consacrez-vous en moyenne à votre activité?
N'oubliez pas que votre activité est une activité complémentaire…
- Comment commercialiserez-vous vos œuvres?
Dans le cas des artistes créateurs, ce peut être par exemple par le biais de maisons d'éditions, ou sous forme de facturations.
Ensuite, à la rubrique 2, il vous sera demandé si vous êtes administrateur d'une société commerciale ou d'une asbl qui gère des activités artistiques.
Ceci est une autre histoire… On peut être artiste indépendant à titre complémentaire sans être administrateur d'une société commerciale ou d'une asbl.
A la rubrique 3, il vous sera demandé à combien vous estimez le montant annuel net imposable provenant de vos activités artistiques.
Si vous débutez la commercialisation de votre activité artistique, votre montant actuel est logiquement de 0 €.
Rem: l'Onem vous demandera chaque année vers fin juillet le chiffre de votre bénéfice net.
Pour rappel, tant que votre bénéfice n'excède pas 3200€, le montant de votre allocation de chômage n'est pas influencé.
3b) Dans le cas où vous décidez de vous affiliez à une caisse d'assurance pour indépendant,
l'étape suivante est de se rendre dans une de ces caisses d'assurance sociale (avec une copie du formuaire C1A) afin de s'y faire enregistrer et de recevoir
- un numéro d'entreprise (qui se retrouvera sur les documents importants relatifs à votre activité)
- et un numéro de tva.
C'est la caisse d'assurance sociale que vous choisirez qui s'occupera d'obtenir l'agrégation de votre affiliation par l'INASTI (institut national d'assurance sociale pour travailleur indépendant)
Celle-ci vous remettra également suite à votre inscription une attestation que vous devrez remettre à votre mutuelle.
L'inscription de votre activité à une caisse d'assurance sociale implique le paiement trimestriel d'une cotisation sociale calculée en fonction de vos revenus. Dans le cadre d'une activité complémentaire, celle-ci n'est pas très élevée.
Une fois que vous aurez reçu votre numéro d'entreprise, vous aurez encore à vous adresser auprès du bureau TVA de votre ville pour activer votre numéro d'entreprise.
Rem: le bureau tva aura également besoin du numéro de compte que vous utiliserez pour votre activité.
3c) ouverture d'un compte bancaire destiné à votre activité.
Voilà, les démarches sont effectuées.
N'oubliez pas de vous renseigner auprès d'une personne compétente sur la manière de bien gérer votre comptabilité afin de pouvoir remplir correctement votre déclaration TVA (en cas d'assujettissement) et votre déclaration d'impôt.
Ceci necessitant parfois de suivre quelques cours avant de faire le pas.
Janvier 2006.
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